Crédit islamique : la finance halal, un marché à fort potentiel en France qui tarde à se développer !

Quand on est musulman en France et que l’on veut devenir propriétaire, c’est compliqué, l’islam étant très strict au niveau des pratiques usurières. Cela veut-il dire qu’il n’est pas possible d’emprunter pour des millions de personnes ? Il est possible de passer par la finance islamique pour décrocher une sorte de crédit immobilier halal. Cette façon d’être en accord avec sa religion tout en accédant à la propriété sans avoir de fonds propres se développe de plus en plus sur tout le territoire, mais cela reste encore assez marginal.

Comment fonctionne le prêt islamique ?

Les principes appliqués sont ceux de la charia, et sont donc très différents de ceux d’une banque dite « traditionnelle ». Rappelons que c’est à Dubai que tout a commencé, car l’islam est claire sur le sujet : pas d’usure (riba) et pas de spéculation.

Cela ne signifie pas qu’une banque musulmane doit faire un crédit sans intérêt, il faut juste que celui-ci soit raisonnable. De plus, les profits doivent profiter à tout le monde, dans le sens où ils sont réinvestis dans l’économie réelle. Concrètement, cela peut se matérialiser par l’achat d’immeubles de bureaux au lieu d’une spéculation boursière effrénée sur du vide.

Comment emprunter à taux 0 ?

Les banques islamiques en France et d’ailleurs pratiquent ce qu’on appelle la Mourabaha. Il est donc possible de devenir propriétaire d’un logement sans payer d’intérêts.

C’est la banque qui l’achète à la place du client, celui-ci devant la rembourser à un rythme fixé à l’avance. L’établissement financier prélèvera une commission pour ses services qui ne bougera pas pendant toute la durée du remboursement. Une fois la dette soldée, le client devient le propriétaire légal du bien.

L’Ijara est une variante s’assimilant à un crédit-bail. Dans ce cas de figure, le client louera la maison directement à la banque qui aura la possibilité de la lui revendre dès le contrat terminé.

Les bénéficiaires ne peuvent-ils être que des musulmans ?

La finance islamique est surtout basée sur des règles d’éthique, et bon nombre d’établissements financiers devraient s’en inspirer à l’heure où les scandales de comptes cachés à l’étranger et d’emprunts toxiques secouent le monde de la finance.

Ce n’est pas donc qu’une histoire de religion, et même si les musulmans sont les clients de ces établissements, tout le monde à le droit de pousser leur porte et d’y prendre les renseignements nécessaires. Rappelons que les banques qui respectent les principes de la charia sont parmi les plus riches du monde, et leurs avoirs progressent à un rythme fou.

C’est donc un secteur qui est amené à se développer

Principalement dans des pays comme l’Iran, l’Arabie Saoudite, mais aussi la Malaisie. L’Europe n’est pas en reste, la Grande-Bretagne en tête.

Et la France dans tout cela ? Elle cherche à attirer les investisseurs, et ceux-ci se trouvent principalement au Moyen-Orient. Même de Grandes banques comme la BNP ou Goldman Sachs s’y mettent. Car faire un crédit de cette façon représente moins de risque pour l’emprunteur.

Ce sont des banques solides, qui résistent aux différentes crises financières, de part leur fonctionnement différent : pas de subprimes pour elles. Restent qu’elles sont sujettes à fluctuations quand l’immobilier baisse, les années qui viennent ne devraient donc pas être très faciles pour elles.

Les banques occidentales veulent conquérir ce marché prometteur

Qui l’eut cru ? Goldman Sachs s’y met aussi.  Il faut dire que quand il s’agir de faire des affaires, les américains s’y connaissent. Et il savent qu’il y a beaucoup d’argent à gagner avec ces clients là, dont certains sont très riches. La banque américaine pense donc fortement à lancer ses propres sukuk, qui sont des obligations qui respectent les principes de l’islam.

Mais elle n’est pas la seule à s’y mettre en occident, puisque HSBC en fut la pionnière. Reste qu’il faut réussir à créer des produits financiers basés sur la charia, et qu’il faut donc levés les réserves liées à la spéculation. Pas facile à mettre en place quand on spécule depuis de nombreuses années… Pour rappel, un sukuk ne doit pas comporter d’investissement dans des secteurs qui sont contraires à la religion : armes, alcool et pornographie.

Parmi les autres banques mondiales, citons aussi la Société Générale qui va lancer son sukuk en Malaisie.

L’état de la finance islamique en France

Rappelons que le pays compte plusieurs millions de musulmans, qui travaillent et qui veulent investir, tout en allant pas à l’encontre de leur foi. C’est une puissante communauté qui attend avec impatience que se développe cette autre façon de faire de la finance, où tout le monde est gagnant. Mais comme toujours en France, tout ce qui touche à l’islam est à prendre avec des pincettes.

Pour aller vers un véritable développement de ces banques là

Il faudrait que le pouvoir politique montre sa volonté sur ce sujet, à l’heure où il appelle tout le monde à prendre ses responsabilités quand à son comportement qui doit être en harmonie avec les lois de la république.

Mais on ne peut pas tout reprocher à l’état, sur qui il est si facile de taper quand les choses tardent à se mettre en place. Le problème est aussi culturel, puisque les musulmans de France viennent principalement du Maghreb, où finalement, les banques islamiques ne sont pas très présentes, beaucoup moins que dans les pays du Golf par exemple.

Pourquoi ça marcherait en France ?

Mais parce qu’il y a des millions de clients en attente, avec du pouvoir d’achat et avec la volonté de construire quelque chose, notamment en achetant leur résidence principale, le tout sans renier leurs principes et leurs valeurs. Il ne faut pas réduire le halal à un petit rayon de supermarché.

La finance propre a aussi sa place dans notre économie moderne, et la reprise de la croissance passera peut-être par là. D’ailleurs, le monde universitaire ne s’y trompe pas puisqu’à Strasbourg comme à Dauphine on enseigne la finance islamique. Les banquiers en place et ceux en devenir ont donc la possibilité de devenir incollable sur le sujet.

Même la BCE s’y met en reconnaissant le potentiel de développement, même dans l’offre limitée actuelle. En effet, on ne trouve en France qu’une banque marocaine, la Chaabi qui permet d’acheter son logement via le murabaha. Aux assureurs d’innover pour proposer des produits takaful dans notre pays. Car il ne faut pas tout amalgamer.

La Chaabi Bank

C’est une filiale de la BP du Maroc, assez présente en Europe mais surtout en France, avec 19 agences actuellement. La finance islamique n’y a véritablement démarrée qu’en 2011. Parmi les autres développements en cours : permettre aux entreprises d’y ouvrir un compte basé sur les mêmes principes. Les risques partagés entre les sociétés et la banque reste un rêve pour les entrepreneurs. Va-t-il enfin devenir réalité ?

banque islam

Attention : si vous ne pouvez pas régler vos dettes, banque islamique ou pas, la procédure de recouvrement sera la même. Toutefois, les agios tant décriés sont bannis de de ce système. En cas de sanction, ce sont les associations caritatives qui profiteront de cet argent une fois la banque remboursée.

Une start up de finance islamique qui propose du financement immobilier

Il s’agit de Immo Easi, qui comme son nom l’indique ou presque si on n’est pas très attaché à l’orthographe rend les choses plus faciles quand il s’agit d’acquérir un bien immobilier selon les valeurs du monde musulman et de la loi française.

En effet, l’agence a tissé un partenariat avec une banque qui se porte acquéreur du bien et le revend avec sa marge, mais sans intérêts. Il est ainsi possible d’accéder à la propriété tout en ne dérogeant pas à ses principes. Toutefois, à l’instar des financements classiques, il vous sera demandé les mêmes exigences, à savoir un taux d’endettement qui ne dépasse pas 33% et un apport d’au moins 15% de la valeur du bien.

Il y aura aussi un passage devant le notaire. Concernant toutes les démarches administratives à faire (promesse d’achat, acte de vente…, le conseiller d’immo Easi sera là pour vous accompagner.

La finance Halal est une idée parmi d’autres pour permettre des crédits « plus propres » et peut-être relancer le secteur immobilier qui s’essouffle un peu en ce moment.

Crédit islamique : la finance halal, un marché à fort potentiel en France qui tarde à se développer !
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