Remboursement anticipé de son prêt immobilier ou placement d’argent ?

Qui paye ses dettes s’enrichit, c’est ce que dit l’adage. Mais cela se vérifie-t-il dans le cas d’un remboursement anticipé d’un prêt immobilier, surtout quand on a acheté sans apport. Il peut y avoir plusieurs éléments déclencheurs à cela : une épargne qui rapporte moins que le taux du prêt, ou une capacité financière plus importante qu’au moment de la souscription.

A priori, racheter son crédit immobilier paraît simple :

il suffit d’envoyer un chèque à sa banque. Dans la réalité, c’est beaucoup plus complexe que cela, et ce rachat peut se révéler une mauvaise opération au niveau de ce que cela va coûter.

Rembourser son emprunt immobilier par anticipation : ce que dit la loi

Beaucoup de choses. D’abord, rien n’interdit à un emprunteur de le faire, à condition de respecter son contrat initial, et de s’acquitter des frais prévus pour cela. En effet, les banques ne lâcheront pas leur os aussi facilement, raison pour laquelle des pénalités pour remboursement anticipé sont presque systématiquement appliquées.

Heureusement, le législateur les a plafonné à six mois d’intérêt au maximum. Attention : si vous avez souscrit un prêt à taux variable (à proscrire dans tous les cas), une autre compensation financière peut venir s’y ajouter. Dans tous les cas, consultez un comparateur de rachat de crédit immobilier avant de vous décider.

Comment échapper à ces frais ?

Toute règle a ses exceptions. Ainsi, en cas de déménagement suite à un changement de travail vous obligeant à vendre votre bien, vous pouvez être exonéré de ces indemnités. Même chose si malheureusement, l’un des 2 co-emprunteur été amené à disparaître.

A faire en amont : négociez ces pénalités dés la rédaction du contrat d’emprunt. Il y a une petite marge de manoeuvre à gratter. C’est un levier pour les deux parties. Certaines clauses peuvent même les faire disparaître au bout de quelques années, ou en tout cas les minimiser.

Placer son argent ou rembourser ses crédits

Prenez votre calculette. Car épargner peut se révéler moins rentable. Tout va bien sûr dépendre du placement. A 1% du livret A, le calcul est vite fait. Sauf à considérer que ces économies là servent de soupape si le temps se gâte. A vous de calculer ce qu’il vous faut de côté, une poire pour la soif comme on dit chez nous.

Par contre, une assurance-vie qui rapporte 3%, au taux actuel des prêts, mieux vaut la conserver. Mais la façon dont vous faites travailler vos économie n’est pas le seul élément à prendre en compte. Votre taux d’emprunt a aussi une grande importance, ceux qui ont acheté à 5% et plus il y a quelques années en savent quelque chose.

On ne peut donc pas faire une généralité

Chaque cas est différent. Mais si vous rembourser vos dettes, vous pourrez réaliser de bons placements en utilisant l’argent des mensualités à cet escient. Sachez toutefois que le remboursement anticipé n’est pas la seule alternative. En période de taux bas, un rachat de crédit peut aussi vous faire économiser des sous chaque mois.

Les placements d’argent actuels

Ils ont des taux très bas et vont continuer de baisser, LDD et livret A en tête. Faut-il donc continuer à s’entêter avec ces placements là ? Ils ne sont plus en odeur de sainteté, même dans les portefeuilles qui ne prennent jamais aucuns risques, et la collecte se réduit comme peau de chagrin.

Car il faut bien prendre en compte le seuil psychologique des 1% dans l’esprit de l’épargnant moyen, qui a travailler une partie de sa vie pour gagner si peu, là où les jeunes requins de la finance font des fortunes en bourse. On comprend donc qu’ils n’attirent plus personne, et cela ne va pas s’arranger.

Rappelons que le gouverneur de la Banque de France a préconisé de coller à l’inflation, donc de descendre vers les 0,75, voir les 0,5%. Préconisation que ne suit pas l’état pour l’instant, craignant une fuites des capitaux de tous ces bons pères de famille en 2015. Mais qu’en sera-t-il à la prochaine échéance, cet été ?

baisse des placements

Alors dans quelle direction faut-il aller pour avoir un rendement un peu plus excitant ? Le plan épargne logement tient la corde, mais lui aussi a du subir une rogne. L’assurance-vie est toujours là, assez stable, même si elle baisse doucement mais sûrement chaque année. Les fonds en euros permettent de trouver un certain équilibre entre sécurité et performance.

La baisse du PEL

Il fallait s’y attendre aussi. Les épargnants gagnaient trop avec lui, et depuis février, c’est 1% brut au lieu de 1,5% jusqu’à présent. Heureusement pour ceux qui avaient déjà leur contrat avant cette date buttoir, ils conserveront leur taux du moment de la souscription. Car 1/2 point, en période de crise et donc de vache maigre, c’est bon à prendre quand même.

chute du PEL

Et rien ne dit que lui aussi ne tombe pas prochainement encore plus bas. Surtout qu’il n’a pas que des bons côtés, avec cette obligation de laisser son argent bloqué au moins quatre ans pour avoir le meilleur taux net possible et les avantages fiscaux allant avec. Quant au crédit qu’on peut avoir avec son PEL, oubliez-le : il est bien au dessus du marché pour le moment.

Rembourser ou pas ? Dans tous les cas, n’hésitez pas à aller voir votre banquier pour négocier. Il peut accepter de gagner moins pour ne pas tout perdre. A vous de savoir argumenter lors du rendez)vous avec votre conseiller. Ayez donc déjà en main des propositions de la concurrence sur lesquelles il pourrait éventuellement s’aligner.