Loi Hamon: quelles conséquences sur le crédit ?

Vouloir encadrer le crédit, c’est bien. Mais à trop protéger les consommateurs, parfois contre leur gré, on peut les empêcher de souscrire un prêt. La loi Hamon encadre un peu plus les crédits consentis aux particuliers. Les banques ont de plus en plus d’obligations de contrôle vis à vis de leurs clients, ce qui entraîne des difficultés supplémentaires pour décrocher le prêt tant attendu.  Reste à savoir s’il est plus difficile d’emprunter qu’avant, et quelles sont les conséquences de la loi Hamon.

Le crédit immobilier

Est-ce facile d’emprunter pour l’achat d’un appartement ? Rappelons qu’avant la loi Hamon, les banques avaient déjà rendu difficiles l’obtention d’un emprunt pour l’acquisition de sa résidence principale. Grosso modo, pour généraliser, Il faut avoir un emploi stable et pas de crédits en cours (mieux vaut les solder avant d’aller voir son banquier pour acheter une maison).

De plus, il faut apporter une certaine somme pour être pris au sérieux, même s’il reste toujours possible d’obtenir un prêt à 100% (sans les frais de notaire).

Ce qui change avec la loi Hamon

C’est l’assurance du crédit qui est ici concernée. La loi Lagarde avait déjà permis aux emprunteurs de choisir leur assurance, même si celle-ci venait d’un autre organisme que celui qui octroyait le crédit. Cette mise en concurrence n’était pas toujours favorable au consommateur, puisque certaines banques ne jouaient pas le jeu et augmentaient le taux d’intérêt pour ceux qui prenaient une assurance à l’extérieur.

Avec cette nouvelle loi, on peut signer en prenant l’assurance de sa banque et aller voir ailleurs par la suite, jusqu’à 1 an après l’obtention du crédit.

Il peut donc y avoir une nouvelle négociation à posteriori, sans que cela ne remette en cause le taux qui a été négocié. Les mauvaises langues disent que les banques vont anticiper et faire monter le taux des emprunts pour se couvrir. Peut-être.

En tout cas, pour le moment, les taux sont très bas, et puis la concurrence va continuer à jouer. Quand on veut acheter sa résidence, il ne faut pas monter 1 dossier mais plusieurs, afin de comparer les offres. Même chose pour l’assurance. Notre conseil : bien lire entre les lignes.

Emprunter facilement

A force d’aller dans l’intérêt du consommateur, les banques ne vont plus prendre aucuns risques, même lorsqu’il s’agit de trouver un petit crédit. Les trop jeunes, les trop vieux, les gens en mauvaise santé, les gagnes petits, les célibataires… Certains profils vont devoir cravacher un peu plus pour réussir à faire un emprunt.

Si vous ne rentrez pas dans la bonne case, c’est le rejet du dossier immédiat, décidé par un logiciel, car l’intervention de son conseiller clientèle à de moins en moins de poids dans la résolution d’un dossier, même quand il s’agit du directeur d’agence.

Comment changer d’assurance crédit ?

Il faut agir dans les 12 mois qui suivent le déblocage des fonds. La résiliation se fait simplement, par l’envoi d’une lettre recommandée, charge à l’emprunteur de transmettre à sa banque le nom de sa nouvelle assurance.

A lire aussi : le rachat de prêt.

Le crédit à la consommation et le revolving

Les prêts personnels sont encore un peu plus encadrés que les autres. Ce qui change : lorsqu’on n’utilise pas sa réserve d’argent, cela ne veut pas dire que celle-ci est annulée. Elle est juste en sommeil, et dès sa première envie, on peut s’en servir et la réactiver.

Maintenant, au bout d’un an, si l’argent n’a pas été utilisé, le crédit est clôturé, sauf si l’emprunteur demande par courrier à conserver son crédit.

Côté surendettement, les plans de redressement passent de huit ans à 5 ans. Les consommateurs ont donc moins de temps pour rembourser leurs dettes et certains ne pourront pas tenir les délais. Les banques vont donc avoir un peu plus de mal à prêter et sélectionner de façon plus approfondie les profils des emprunteurs.

Notre avis : la loi Hamon part d’un bon sentiment. Mais il est fort à parier que faire un crédit sera un peu plus compliqué qu’avant. Espérons que cela réduira les risques de surendettement des populations fragiles économiquement.